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Michel Vuillermoz lit les Misérables

Mercredi 15 mai à 20h, au Moulin du Roc, Michel Vuillermoz viendra donner une lecture des Misérables de...

Mercredi 15 mai à 20h, au Moulin du Roc, Michel Vuillermoz viendra donner une lecture des Misérables de Victor Hugo, dans le cadre du festival Culturissimo. Ceux qui n’ont pas eu la chance de le voir brûler les planches – notamment celles de la Comédie Française dont il est sociétaire – auront forcément remarqué sa haute silhouette au cinéma ou à la télévision. Le héros de la série Alphonse Président, c’est lui. Joseph Merlin, le terrible fonctionnaire chargé de contrôler les cimetières dans le film Au revoir là-haut, c’était lui aussi. Il est actuellement à l’affiche de Chamboultout avec José Garcia et Alexandra Lamy. Vivre à Niort l’a rencontré.

Connaissez-vous Niort ? Y êtes-vous déjà venu ?

Michel Vuillermoz : Oui, j’ai déjà joué au Moulin du Roc, il y a pas d’années maintenant. J’ai vu la polémique lancée par Michel Houellebecq dans son dernier livre… de la provocation gratuite. Je connais des villes beaucoup plus moches et plus ennuyeuses que Niort. Je sais qu’il se passe beaucoup de choses à Niort. Ces provocations faciles sont un peu blessantes, mais cela fait partie du personnage Houellebecq et les Niortais ont su réagir avec humour.

Pourquoi avoir choisi de lire Les Misérables ?

Ce sont les organisateurs du festival qui me l’ont demandé. C’est un texte magnifique, que j’aime beaucoup. Comme c’est compliqué de lire un peu du début, un peu du milieu, un peu de la fin… tout le monde ne resituant pas forcément les personnages et le contexte, j’ai préféré choisir l’un des personnages les plus emblématiques du roman, Jean Valjean, de sa condamnation à sa rencontre du petit Gervais.

Qu’est-ce qui vous touche chez Jean Valjean ?

J’aime bien cet épisode parce que cela a à voir avec l’injustice et la révélation. L’homme soi-disant mauvais, victime de circonstances malheureuses, qui se révèle bon. J’aime bien cette idée-là. Fantine, Cosette… j’aurais pu aussi, mais peut-être parce que je suis un homme d’un certain âge, je me retrouve plus dans la parole de Jean Valjean.

Vous faites beaucoup de lectures à voix haute, quelle place trouve cet exercice particulier dans votre panel d’activités, car vous touchez à tout : théâtre, cinéma, télévision ?

C’est un vrai travail de comédien : raconter une histoire, être le vecteur, au plus proche possible de l’écriture de l’auteur. Entrer dans un univers, en trouver la clé, c’est un exercice que j’aime beaucoup.

N’est-il pas plus difficile de retrouver à chaque lecture l’émotion de la première fois lorsqu’on est seul face à un texte ?

Non parce que le contexte est différent à chaque fois : le public, la salle, l’espace. Et mon état va changer d’une lecture à l’autre. Certains soirs, je vais appuyer sur des choses qui relèvent de l’émotion, et d’autres je serai plus factuel. D’ailleurs, je ne lis pas nécessairement toujours les mêmes passages. Et puis, le fait de recommencer peut au contraire me permettre de m’améliorer, de gagner en fluidité, dans les temps, les silences, les rythmes… tout ce travail que l’on fait sur une partition.

Vous enregistrez également des livres audio… Est-ce que ce travail de préparation est différent pour un enregistrement et pour une prestation en public ?

La seule différence c’est évidemment la possibilité de recommencer, quand on enregistre, pour que lecture soit la plus propre possible. Sur scène, c’est un one-shot et il est compliqué pour des questions de concentration de faire plus de 50 minutes. Mais c’est un exercice que j’aime vraiment beaucoup. Je le fais depuis pas mal d’années, depuis que Michel-Edouard Leclerc a lancé ce festival. J’aime la formule d’emmener des gens qui ne vont pas forcément au théâtre, et qui vont se déplacer pour la première peut-être pour écouter un comédien lire un texte. Comme on raconte une histoire : « Il était une fois… je vais vous raconter une histoire et c’est la première fois que vous l’entendez. »