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Ville de Niort
Place Martin Bastard 79000 Niort, France
tel:05 49 78 79 80, Courriel: mairie@mairie-niort.fr
Environnement

Un cimetière naturel à Souché

La Ville de Niort bientôt précurseur en matière funéraire. Un nouveau cimetière va ouvrir au printemps 2014,...

La Ville de Niort bientôt précurseur en matière funéraire. Un nouveau cimetière va ouvrir au printemps 2014, dans le quartier de Souché. Naturel, écologique, inhumés ou incinérés, les défunts reposeront dans un cadre paysager propice au souvenir.  

Il n’y aura ni caveaux en béton, ni pierres tombales en granit et encore moins de fleurs artificielles en plastique. Vous n’y verrez pas les agents d’entretien éradiquer les mauvaises herbes à grand renfort de produits phytosanitaires, ni tondre les pelouses au millimètre. Le nouveau cimetière de Souché sera entièrement naturel. Un modèle du genre. Jouxtant l’ancien, il s’étendra sur les 4 000 m2 de la parcelle voisine, une ancienne carrière d’où étaient extraites les pierres tombales calcaires avant qu’elles ne soient supplantées par le tout granit qui confère à nos cimetières cet aspect austère et minéral.
La Ville a entamé une réflexion sur nos modes funéraires, concluant que les cimetières pouvaient et devaient se mettre au diapason de la politique municipale en matière de développement durable. De là est né le projet de cimetière naturel. « Nous proposons une alternative à ceux qui souhaitent voir reposer leurs proches dans un espace environnemental », précise Eve-Marie Ferrer de la direction des espaces publics. Alternative écologique, mais aussi économique qui permettra d’alléger sensiblement le coût des obsèques.

Inhumations en pleine terre

Trois modes funéraires seront régis par une charte d’engagement qui garantira l’esprit du lieu.
Pour les inhumations, la thanatopraxie (ndlr. soins chimiques portés au corps avant sa mise en bière) ne sera pas acceptée, sauf absolue nécessité. Le défunt devra être habillé de fibres naturelles (lin, coton, chanvre…), le cercueil sera impérativement en bois non traité issu d’une forêt française ou en matériaux recyclés et biodégradables, ses vernis certifiés sans solvants. Les accessoires (housse, garniture…) seront en matériaux biodégradables.
L’inhumation des cercueils se fera en pleine terre et les concessions, accordées pour 15 ou 30 ans renouvelables, seront aux mêmes tarifs que ceux appliqués aux autres cimetières niortais. Pas de pierre tombale, mais un pupitre en pierre calcaire locale, de dimensions et formes spécifiées dans la charte.
Pour les crémations, les urnes en matériaux biodégradables seront inhumées en pleine terre, la concession cinéraire sera matérialisée par le même pupitre. Et pour ceux qui opteront pour la dispersion des cendres, un « jardin du souvenir », sans matérialisation personnalisée, sera à leur disposition.

Récupération et recyclage

Sur l’ancienne carrière où la végétation a repris ses droits, le cimetière naturel a été pensé durable à tous les niveaux. Seules les allées, en calcaire engazonné, seront finement tondues, pour le reste la gestion différenciée sera de rigueur avec une taille raisonnée des végétaux à intérêt écologique, indigènes et spontanés. Tous les végétaux apportés et plantés ont été extraits de friches municipales.
Les éléments d’aménagements et d’embellissement ont été récupérés et recyclés. Ainsi, le portail qui sépare l’ancien et le nouveau cimetière est en châtaignier non traité, de même que la claustra qui surplombe le mur d’enceinte en pierres sèches. On s’assiéra sur les anciens bancs en pierre du Donjon répartis sur le site et dans le jardin des souvenirs, ou sur une large meule récupérée au service voirie. Recyclés également le bois, les pierres, les pavés et les grilles qui composent les points d’eau. En concertation avec les associations environnementales, des nichoirs seront installés dans les arbres. 
La mise en service de ce nouveau cimetière est prévue au printemps 2014.
Dominique Bodin, conservateur des cimetières, espère que cette initiative allumera une étincelle de réflexion sur nos habitudes funéraires, afin que nos cimetières futurs s’inscrivent dans un développement plus durable et offrent à ceux qui restent des espaces plus conviviaux et plus paisibles pour honorer le souvenir de leurs disparus.   

(Le 22 juillet 2013)