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Portrait : Richard Texier

De retour sur les terres marécageuses de son enfance pour quelques jours, l’artiste de renommée mondiale...

De retour sur les terres marécageuses de son enfance pour quelques jours, l’artiste de renommée mondiale Richard Texier a bien voulu se prêter au jeu de l’Interview sur un coin de table. Petites digressions autour de l’itinéraire d’un enfant gâté, mais sauvage.

En juin dernier, une équipe de tournage a envahi pour quelques jours le Marais poitevin avec comme premier de cordée, Richard Texier. Cet artiste mondialement connu est un enfant du pays. Mais pas n’importe quel pays, celui du Marais où se bousculent conches, tourbe et monde organique. Un Neverland où l’enfant passa de nombreuses années et qui façonnera à jamais son imaginaire créatif. Fils de commerçants ambulants, le jeune Richard se voit régulièrement confié à des voisins et prend la poudre d’escampette dès qu’il le peut pour explorer ce qu’il appelle aujourd’hui la matrice, le vivant du Marais. Cabanes, excursions et balades sur l’eau font de lui un enfant sauvage, mais plus Huckleberry Finn que Tom Sawyer. Des senteurs, des bruits, de lieux magiques qui vont, de son propre aveu, participer à sa future faconde artistique. 

De 11 à 17 ans, Richard Texier est scolarisé à Niort et découvre l’art en classe de 6e grâce aux fameux Lagarde et Michard où un tableau d’Yves Tanguy, « Jour de silence », va déclencher son appétit de peindre. Déclic immédiat pour celui qui va côtoyer quelques années plus tard les Haring, Basquiat ou Beuys et devenir une référence. L’élastogenèse, concept artistique qu’il a inventé, résume sa démarche et est même devenu une référence couramment utilisée par d’autres dans le monde de l’art. Malgré le déconseil de son ami César, Richard Texier se lance dans l’aventure de la sculpture. Le « traumatisé de l’espace » comme il aime à se définir, se lance à cœur perdu dans cet art qui demande place et argent. Animaux hybrides et mythiques ou œuvres monumentales comme l’Angel Bear, ours ailé qui trône devant la gare du Nord, deviennent sa marque de fabrique. L’homme a multiplié les ateliers nomades à travers la planète au gré de ses voyages et se sent chez lui partout. Artiste multiforme, Richard Texier a publié chez Gallimard de nombreux ouvrages, ajoutant une corde supplémentaire à son CV déjà lourdement rempli. 

Revenu en juin dernier en plein Marais poitevin pour le tournage d’un documentaire qui lui est consacré, Richard Texier a retrouvé une foultitude de souvenirs, d’odeurs et d’actes manqués, mais pas de mélancolie. Si vous lui demandez d’exprimer un avis sur sa carrière, il vous répondra que la nostalgie n’a pas d’avenir et que son truc à lui est de créer, encore et toujours, en regardant droit devant, comme un capitaine de barques poitevines. Quand il ne crée pas, Richard Texier se passionne pour l’art des autres ou regarde attentivement les jardins, car la nature reste pour lui, la plus grande des sculptrices. 

Si le monde est son terrain de jeux, le Marais reste dans son cœur comme un pays merveilleux vers lequel on revient toujours.