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Budget 2017

Interview du Maire, Jérôme Baloge

Le budget primitif 2017 voté au Conseil municipal du 16 janvier 2017 fait l'objet d'une interview du Maire, Jérôme Baloge.

  • Dès le début du mandat, vous avez lancé un grand redressement des finances de la collectivité. Les budgets 2015 et 2016 ont été établis en ce sens. Ces efforts portent-ils leurs fruits aujourd’hui et quels en sont les indicateurs les plus significatifs ?

Jérôme Baloge. "Ces efforts étaient impératifs et ils ont été faits dès 2014. C’était et c’est encore un exercice difficile mais nous y parvenons. Il s’agit non seulement d’équilibrer le budget mais aussi de dégager une capacité d’autofinancement brute (CAF brute) capable de couvrir le remboursement de la dette. Sans ces efforts, nous serions dans le rouge et heureusement, ce n’est pas le cas. L’enjeu pour la ville est d’investir et d’être au rendez-vous des chantiers nécessaires et des projets. En plus du poids de la dette, la principale contrainte est la diminution constante des dotations de l’État (moins 700 000 € cette année et près de 4,9 millions d’euros par rapport à 2014). Il faut enfin ajouter à ces baisses de recettes non choisies des augmentations imposées de nos dépenses par des décisions gouvernementales. Bien que légitimes, elles pèsent sur notre budget : augmentation du point d’indice pour les fonctionnaires, glissement vieillesse technicité et mise en œuvre de la réforme dite des parcours professionnels, carrières, rémunérations pour 715 000 €. Il a donc fallu trouver cette année encore 1,4 millions d'euros."

  • Le budget 2017 restera-t-il dans la même veine que les précédents ?

Jérôme Baloge. "Oui, il faut continuer à rester vigilants. Nous continuions à réduire nos dépenses. Les finances de la ville restent fragiles et nous sommes dans un contexte national incertain. 2017 est une année d'élections nationales. Quelles seront les décisions des gouvernements qui viendront ? Est-ce qu’ils poursuivront la baisse des dotations ? Cette incertitude nationale ne sera pas sans incidence sur le local. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que l’annuité de la dette continue à peser. La dette était de 90 millions d’euros en 2014. Elle nous impose des remboursements annuels de près de 7,5 millions d’euros, ce qui nous contraint encore à une gestion rigoureuse de nos dépenses de fonctionnement. Le budget 2017 reste donc sous vigilance. Pour autant, c’est un budget qui marque un tournant parce qu’on y voit la confirmation des investissements pour des projets importants de la ville de Niort."

  • Quels en sont les axes prioritaires et quels seront les investissements majeurs de l’année 2017 ?

Jérôme Baloge. "2017 est une année d’investissements. C’est l’année où les projets arrivent à maturation, après les phases d’études, de marchés publics. La Ville augmente ses investissements pour un montant de 20 M€. Ils se déclinent autour d’axes prioritaires comme la voirie, l’urbanisme, le début de Port Boinot, le patrimoine avec des réhabilitations importantes, notamment sur la flèche de Notre-Dame. Il y a aussi l’accessibilité, la réhabilitation des écoles et des équipements sportifs."

  • Comment évolue la capacité d’autofinancement ?

Jérôme Baloge. "On a réussi, au fil des ans, à la rendre compatible avec l’annuité de la dette et même au-delà. En 2017, on est en capacité de présenter une CAF brute légèrement supérieure à celle du budget primitif 2016. Et ce, malgré une annuité d’emprunt qui continue à peser alors même qu’on n’a quasiment plus recours à l’emprunt depuis 2014. Notre CAF nette s’établit, au budget primitif 2017, à près de 320 000 €. C’est une évolution positive, mais on en voit aussi la fragilité. Cela dit, la Ville n’est pas dans le rouge. Grâce à nos efforts, on est même dans le vert et c’est une donnée essentielle qui devrait rassurer les Niortais."

  • Devrez-vous recourir à l’emprunt ?

Jérôme Baloge. "Pour équilibrer un budget, on doit fixer une prévision d’emprunt. Mais chaque année, on essaie de ne pas tenir cette prévision pour, dans la mesure du possible, ne pas y recourir. En 2016, on avait prévu 9 M€ d’emprunt dans le budget primitif et la Ville n’a souscrit aucun emprunt. Pour 2017, on inscrit au budget une ligne d’emprunt de plus de 11 M€, mais le but est de ne pas dépasser la moitié. Précisons qu'en 2 ans et demi, la dette a été réduite de plus de 8 M€."

  • Vous inscrivez 5 M€ supplémentaires au titre des dépenses d’investissement (20 130 K€ contre 15 753 K€ en 2016). Quels sont les projets concernés ?

Jérôme Baloge. "Cette année et l’an prochain, de gros investissements vont être faits sur l’éclairage public. Notre équipement commence à être vieillissant et obsolète, et des directives européennes nous font obligation de changer nos luminaires et d’adopter des diodes à la place des ampoules. C’est une dépense d’investissement de 4 M€ qui nous permettra cependant de faire des économies de fonctionnement importantes dans les années à venir. Pour ces travaux, nous allons bénéficier d’un financement du Fonds de soutien à l’investissement local (FSIL) de 980 000 euros. C’est aussi Port Boinot pour lequel est inscrit une ligne de 1 M€ pour la poursuite de travaux de dépollution, de déconstruction et de maîtrise d’œuvre. Port Boinot, c’est un projet à 9 M€ sur plusieurs années concernant la partie du concours d’architecte. Aujourd’hui, on estime à 50 % la part des financements extérieurs. On peut compter sur le pacte financier de l’agglo et le concours de certaines collectivités partenaires, le Département au titre de l’attractivité et bien sûr, l’État. Les subventions au Centre communal d’action sociale (CCAS) ainsi qu’aux associations culturelles et sportives sont maintenues à leur niveau de 2016."

  • Qu’en est-il des autres ?

Jérôme Baloge. "La subvention au CCAS et aux associations humanitaires et caritatives n’a jamais été baissée. Cette année, grâce aux efforts réalisés, il n’y a aucune baisse des subventions aux associations culturelles et sportives. La seule baisse vient du choix des centres socioculturels (CSC) de ne plus maintenir l’Ensemble socioculturel niortais (ESN) en l’état et de réintégrer en interne la compétence employeur. La Ville n’a donc plus à financer une structure associative dont les CSC, qui en sont les fondateurs, se retirent. Les CSC ne font l’objet d’aucune baisse de financement de leurs activités".

  • Vous ouvrez cependant deux nouvelles lignes de crédits en direction des jeunes.

Jérôme Baloge. "Oui, nous avons voulu que la somme que nous n’avions plus à verser à l’ESN soit dévolue au développement et au renforcement d’une politique jeunesse municipale. On sait que les centres de loisirs marchent bien et que notre offre n’est pas suffisante. Donc il nous faut la renforcer. Il faut travailler aussi à des dispositifs emplois pour les jeunes entre 16 et 25 ans. Ce sont autant de financements qui viennent en complément. Il est bon que la Ville s’implique directement en faveur de la jeunesse. Elle a commencé avec l’agglomération en rapprochant les dispositifs pour l'emploi autour de la Mission locale ou avec la création d’une école de la seconde chance. Mais il y a aussi plein d’autres secteurs jeunesse dans lesquels il faut s’investir ou se réinvestir. Et c’est tout l’enjeu de cette nouvelle ligne budgétaire de l’ordre de 120 000 € qui permettra aussi de lancer des appels à projets auxquels les CSC pourront bien entendu répondre".

  • Le budget 2017 confirme-t-il le stop fiscal instauré dès le début du mandat ?

Jérôme Baloge. "Oui, sans hésiter ! Le stop fiscal est maintenu. Les trois taxes locales sur lesquelles les élus ont à délibérer pour la part municipale : habitation, foncier et foncier non bâti, ne verront pas leur taux augmenter en 2017. Les Niortais paient assez d’impôts et ne doivent pas être davantage imposés. C’est l’enjeu de l’équation financière que nous avons chaque année à résoudre et force est de constater qu’on y arrive."

  • Comment résumeriez-vous, en quelques mots, le budget 2017 ?

Jérôme Baloge. "Je dirais que c’est un budget qui tient ses promesses : des dépenses maîtrisées, des comptes équilibrés et une non-augmentation des taux. C’est un budget d'avenir puisque pour la première année l’investissement augmente de façon significative et soutenable, ça va sans dire. Nous avons la volonté politique de ne pas faire peser sur les particuliers une charge qui est déjà forte. Pour préserver le pouvoir d’achat des Niortais, la collectivité fait des efforts sur elle-même et y arrive".