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La faune et la flore

La Sèvre niortaise

La Sèvre niortaise constitue l'axe majeur de la biodiversité niortaise.

  • Le fleuve accueille 61 espèces d'oiseaux : grèbe castagneux, cygne tuberculé, canard colvert, poule d'eau, foulque macroule, martin-pêcheur d'Europe...
  • Au moins 20 espèces de poissons sont présentes, dont le brochet, la truite de mer, le saumon atlantique et l'anguille européenne.
  • Plusieurs espèces de mammifères semi-aquatiques ont été signalées : la loutre d'Europe, espèce protégée et d'intérêt européen, la musaraigne aquatique, protégée au niveau européen, le campagnol amphibie.
  • Différentes espèces de chauves-souris, mais aussi de couleuvres aquatiques, l'utilisent comme terrain de chasse.
  • Enfin, on trouve sur la Sèvre 42 espèces de libellules, dont 11 espèces patrimoniales. Le gomphe de Graslin et la cordulie à corps fin sont d'intérêt européen.

La rivière Le Lambon

La rivière Le Lambon parcourt 39 km, entre la Couarde, en Pays Mellois, et sa confluence avec la Sèvre niortaise, juste en aval de la source du Vivier. Elle serpente dans une vallée riche en prairies et bosquets.

De juin à octobre, le Lambon présente des assecs réguliers. Son niveau d'eau se réduit par endroits à quelques flaques. En hiver, les crues, souvent courtes, inondent le fond de la vallée, interdisant ainsi toute urbanisation.

L'alternance de crues et d'assecs favorise l'accueil d'une faune et d'une flore spécifique. Les amphibiens (crapaud accoucheur, grenouille verte) apprécient les eaux calmes du Lambon et son environnement bocager. Quelques espèces s'y reproduisent, comme le Pélodyte ponctué, qui n'est présent à Niort que sur ce cours d'eau.

Des reptiles ont également été observés, comme la Couleuvre à collier qui y trouve un réservoir alimentaire, mais aussi plusieurs espèces patrimoniale de libellules (agrion blanchâtre, notamment) qui se reproduisent dans son lit.

Cette rivière présente aussi un intérêt pour les oiseaux en période hivernale, notamment pour l’aigrette garzette, la bouscarle de Cetti et le chevalier guignette.

Côté flore, les importants massifs de cresson qui se développent dans son lit ont fait la réputation du Lambon.

  • Zoom sur les libellules

    Zoom sur les libellules avec Nicolas Cotrel, directeur de Deux-Sèvres Nature Environnement

    Comment expliquez-vous la présence sur la Sèvre niortaise d'un nombre si important d'espèces de libellules?

    Nicolas Cotrel (DSNE) : La Sèvre niortaise présente plusieurs facies. C’est cette diversité de milieux qui permet à autant d’espèces différentes de se développer. La section qui en héberge le plus se situe en amont du centre-ville, du côté des quartiers de Surimeau et Sainte-Pezenne. Il y a beaucoup d’arbres en bordure, c’est très sauvage. En centre-ville, où la Sèvre est canalisée et où les berges sont bétonnées, on a observé seulement onze espèces de milieux plus artificiels. En aval de Comporté, on est dans une section qui ressemble au Marais poitevin, avec des espèces qui correspondent à des eaux très calmes.

    Pourquoi est-ce important de protéger les libellules ?

    Nicolas Cotrel : Si les libellules disparaissaient, la chaîne alimentaire s'en trouverait déséquilibrée. Ce sont de gros prédateurs, très voraces, qui se nourrissent de moustiques, de mouches, de papillons… Les populations d’insectes seraient sans doute beaucoup plus importantes… Quant aux martinets, aux martins-pêcheurs, aux hirondelles et aux grenouilles, qui sont amateurs de libellules, ils auraient moins à manger. Et puis, si elles n'étaient plus là, les bords des cours d’eau manqueraient de poésie. Elles ont toujours beaucoup inspiré les naturalistes qui leur ont donné de très jolis noms...

    Par quoi sont-elles menacées ?

    Nicolas Cotrel : L'expansion de l'écrevisse de Louisiane, l'aménagement de certaines sections, comme le plan d'eau de Noron par exemple, la régression de la végétation en bordure où se cache leur ressource alimentaire... Les libellules sont toutefois assez adaptables. Par exemple, la naïade aux yeux bleus pond sur des nénuphars, mais parfois aussi sur des herbiers d'algues. Elle est un peu plastique. Tant mieux pour elle ! Elle survivra plus facilement. Par contre, sa présence nous donne moins d'informations sur la qualité du milieu...

    A quel moment et où peut-on observer les libellules ?

    Nicolas Cotrel : L’été, on peut les observer entre 10 h et 17 h, les jours ensoleillés et quand il n’y a pas trop de vent, sur les bords de Sèvre ou du Lambon... Il vaut mieux éviter de les capturer, et en tous cas jamais quand elles s’accouplent ou quand elles pondent. Il ne faut pas non tenter d’attraper les jeunes individus. Leurs ailes sont plus brillantes que celles des adultes, mais elles ne sont pas sèches et elles se collent si on les touche. Une libellule dont les ailes ont été collées ne pourra jamais voler. D’une manière générale, ce qui est important, c'est de respecter les berges et d'éviter de polluer l’eau.

    Comment faire pour les attirer dans son jardin ?

    Nicolas Cotrel : Il faut évidemment qu'il y ait de l'eau, mare ou rivière. Le mieux est de laisser la végétation spontanée se développer. Et il ne faut surtout pas tenter d'introduire des plantes exotiques.

     

    Propos recueillis par Sylvie Méaille
    (juin 2011)

    42 espèces de libellules, dont :

    • 2 espèces protégées, d'intérêt européen : gomphe de Graslin, cordulie à corps fin
    • 1 espèce inscrite sur la liste rouge régionale : aesche mixte
    • 2 espèces déterminantes dans les Deux-Sèvres : gomphe à crochets, orthétrum bleuissant