Formes et réinventions dans l'art européen 1730-1790

L’art du XVIIIe siècle est souvent perçu comme une marche progressive du petit goût rocaille vers un grand goût « à l’antique ». Guillaume Faroult, Conservateur Musée du Louvre chargé du département Peintures, évoque l'art européen entre 1730 et 1790...

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Description

L’art du XVIIIe siècle est souvent perçu comme une marche progressive du petit goût rocaille vers un grand goût « à l’antique ». Guillaume Faroult, Conservateur Musée du Louvre chargé du département Peintures, évoque l'art européen entre 1730 et 1790...

Au Musée du Louvre, l’exposition Formes et réinventions dans l’art Européen 1730-1790 prend ses distances avec ce schéma un peu mécanique. Elle souhaite, au contraire, mettre en lumière les différentes expériences qui, dans l’Europe entière, ont été menées pour renouveler les formes et les thèmes artistiques, entre 1730 et 1790. Dans cette quête, le regard sur l’antique est central : il a souvent agi comme un catalyseur, mais parfois aussi comme un repoussoir alimentant la recherche de modèles alternatifs. Peintures, sculptures, dessins, gravures, arts décoratifs : quelque deux cents œuvres majeures illustreront ces processus d’innovation, d’émulation voire de résistance à l’antique dans l’Europe du XVIIIe siècle, qui éclairent les tensions au cœur même de la démarche créatrice.
Dans toute l’Europe, un axe artistique « à l’antique » privilégié s’élabore entre Rome, Paris et de Londres qui affecte la sculpture, l’architecture et bientôt, surtout après 1760, la peinture et les objets d’art, dont les artistes majeurs sont le sculpteur Français Bouchardon, le graveur Italien Piranèse, l’architecte britannique Chambers ou le peintre allemand Mengs.

Mais des contre-courants, à partir des années 1750-1760, tempèrent cet engouement pour l’art antique. Certaines, comme Fragonard ou Goya, se tournent vers les sources de l’art baroque. Les modèles de la Renaissance italienne (Michel-Ange, Corrège, Giulio Romano…) sont invoqués par les sculpteurs anglais (Nollekens, Dear) ou les peintres romains (Batoni). De Rome encore semble originaire un dernier courant, plus radical et riche d’avenir, qui s’épanouit de l’Angleterre vers l’Europe du Nord, avec Fussli, Sergel ou Desprez : le courant « gothique » ou « sublime ». A la froideur présumée de l’antique, il oppose un monde onirique peuplé d’ombres et de furies.


Enfin, la troisième et dernière section de l’exposition se concentre sur le néoclassicisme marmoréen « triomphant » des années 1780, radicalisé pour faire front à ses adversaires. Elle parcourt ses thèmes dominants : le goût martial présent aussi bien dans l’espace urbain que dans l’intime, l’exemple des grands hommes, le culte de la vertu et l’exaltation des corps héroïques (Sergel, Houdon, Canova, Ledoux, David, Wright of Derby…).

Conférencier : Guillaume Faroult, Conservateur Musée du Louvre chargé du département Peintures.

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