25 ans du jumelage avec Atakpamé et Covè

Niort a tissé des liens privilégiés avec deux villes africaines : Atakapmé au Togo et Cové au Bénin. Retour sur une coopération qui fêtera ses 25 ans en janvier, à l'Hôtel de Ville.

Lieu Salon d'honneur de l'Hôtel de Ville
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Description

Niort a tissé des liens privilégiés avec deux villes africaines : Atakapmé au Togo et Cové au Bénin. Retour avec André Pineau, le président de l'Anjca, sur une coopération qui fêtera ses 25 ans en janvier, à l'Hötel de Ville.

Le 3 janvier 1986, une petite délégation niortaise atterrissait à Lomé, capitale du Togo. 2h30 de route l’attendait ensuite pour rejoindre Atakpamé - 60 000 habitants à l’époque, 80 000 aujourd’hui. Son but, amorcer la coopération entre nos deux villes. Pourquoi ce rapprochement ? Totalement oublié, un vieux protocole d’accord avait refait surface, grâce à Kossi Ayena, le maire d’Atakpamé et à André Pineau, conseiller municipal à Niort. Depuis, on mesure le chemin parcouru. Le 29 janvier, les acteurs de cette coopération  présenteront leur bilan, 25 ans après ce premier voyage.

Le travail conjoint de deux associations, l’Anjca - Association niortaise de jumelage coopération avec Cové et Atakpamé - en France et l’Adjan -Association de jumelage Atakpamé Niort - au Togo, a permis d’aboutir à la concrétisation de projets très divers : construction de latrines, d’un système d’écoulement des eaux, d’un centre culturel et de l’une des meilleures bibliothèques du pays… "Travailler avec l’Afrique est parfois décourageant, explique André Pineau, le président de l’Anjca. Mais il suffit de nous rendre sur place pour constater combien ces réalisations concrètes améliorent le quotidien des gens." D’autres programmes ont pour but de générer des revenus. C’est le cas d’un centre d’accueil et de divers marchés spéciaux : fruits, poissons, céréales…

André Pineau est très précautionneux quant à cette coopération franco-africaine, pour éviter toute ingérence malsaine : "Nous ne sommes jamais intervenus dans les travaux. Notre action consiste à trouver des cofinancements. On fait le montage technique en commun puis la municipalité d’Atakpamé procède à un appel d’offres. Nous exigeons simplement une totale transparence des aspects financiers."

Pourquoi Covè ?
Parce que les tensions politiques récurrentes au Togo ont fini par user les membres de l’Anjca, les Niortais se sont mis en quête d’une autre ville jumelle. D’autant plus que pour André Pineau « ce jumelage avec Atakpamé restait une collaboration nord-sud. Nous voulions favoriser les liens entre villes du même continent. » Covè, au Bénin, remplissait les critères que s’était fixés l’association. Après quelques écueils au début, la relation entre les deux villes et les deux pays fonctionnent bien aujourd’hui. "Les esprits se sont ouverts. C’est une très belle victoire". Malgré son total engagement, le président André Pineau ne mâche pas ses mots pour stigmatiser certains "mirages de l’aide internationale et le maintien de la relation paternaliste post-coloniale. Il faut constamment se battre contre les complexes d’infériorité des Africains." Il estime de plus que certaines bonnes volontés font plus de mal que de bien, "en déshabillant les collectivités, déjà faibles en Afrique, pour favoriser les projets privés."  Rien de festif ne sera organisé par l’Anjca ce 29 janvier. Il s’agira simplement de faire le point sur le programme de co-développement à travers le témoignage de partenaires et d’acteurs concernés.

Le Salon des couleurs
L’Anjca compte 200 bénévoles aujourd’hui. Au mois d’octobre elle organise le "Salon des couleurs", une expo-vente de peintres amateurs. En 2010 plus de 1000 œuvres ont été exposées. Chaque année, les artistes acceptent de reverser 30% minimum du produit de leur vente à l’association. Entrées et petite restauration comprise, le dernier Salon a ainsi rapporté 6500 €.

Karl Duquesnoy

Oganisateur