Quand la pierre fait sens !
Débutée en octobre dernier et initiée par Niort Agglo, la restauration de la tour nord du Donjon est un chantier comme on n’en voit qu’une seule fois dans sa vie. C’est dans cet édifice emblématique, cher au cœur des Niortais, que nous avons rencontré David Charrier, qui suit ce travail titanesque.
Héritier des bâtisseurs de cathédrales, David Charrier est né à Niort il y a 34 ans. Son goût pour la pierre lui vient d’aussi loin que sa mémoire le lui permet : « Tout petit déjà, j’adorais visiter les châteaux ou les vieilles ruines avec mon père. Le minéral me parlait. » Avec un papa dans le BTP, la carrière de David (et non de Pierre) semblait toute tracée. Un CAP en poche, Il devient apprenti chez les Compagnons du devoir où ses mains deviennent ses meilleurs outils : « J’ai eu un patron formateur qui m’a appris la rigueur et l’amour du travail bien fait ». De retour à Niort et armé de sa massette, de sa gouge et de son poinçon, il intègre la société SOMEBAT, experte en restauration de monuments historiques, en maçonnerie traditionnelle et en marbrerie de décoration. Une entreprise qui allie un savoir-faire transmis depuis des générations et une maîtrise totale de la chaîne de production sans sous-traitance. C’était il y a 15 ans. Une carrière où il a rapidement gravi les échelons et qui l’amènent au rôle essentiel de chef de chantier. Un rouage important : « Je suis le lien direct entre l’agence de l’architecte en chef des monuments historiques et mon équipe de 6 ouvriers. C’est un vrai travail d’équipe pour redonner l’éclat du temps passé à un lieu patrimonial sans jamais le dénaturer. »
Quelques tonnes de calcaire
Sur le chantier du Donjon, les pierres à nettoyer, consolider ou changer ont entre 300 et 900 ans. « Celles qui sont à changer représentent un volume de 60m3. La pierre arrive d’une carrière de la Vienne dans notre atelier de 1000m2. Ce sont des blocs de quelques tonnes qui sont découpés sur place avant d’arriver sur le chantier pour être à nouveau sciés avant d’être intégrés à l’édifice. C’est un travail de longue haleine mais tellement passionnant. » Son rôle de chef de chantier exige de diriger mais aussi de former et l’homme n’a pas un cœur de pierre sur ce sujet « Les deux apprentis qui travaillent sur le Donjon apprennent autant en histoire de l’art qu’en artisanat. Je suis assez content de donner à mon tour comme on l’a fait pour moi à mes débuts. » Dépositaire d'un savoir-faire ancestral et respectueux des traditions, David n'en est pas moins ouvert aux dernières évolutions technologiques dans un métier qui a évolué en quelques centaines d’années.
Côté loisirs, notre homme est amateur de rugby (La Rochelle et le NRC, pas de jaloux !) et de moto-cross. Il bricole …. un peu et a entièrement rénové sa maison, une bâtisse de 1875. Une histoire de vieilles pierres, encore !

