Portrait : Chloé Martin, Merci !

À l’occasion de la présentation de sa pièce Simple comme merci au Festival d’Avignon, nous avons rencontré Chloé Martin, autrice et comédienne niortaise. Une artiste qui défend un théâtre exigeant, accessible à tous, et profondément ancré dans les grandes questions de société.

Publié le

À l’occasion de la présentation de sa pièce Simple comme merci au Festival d’Avignon, nous avons rencontré Chloé Martin, autrice et comédienne niortaise. Une artiste qui défend un théâtre exigeant, accessible à tous, et profondément ancré dans les grandes questions de société. 

Née à Niort, Chloé Martin révèle très tôt un goût prononcé pour la création artistique. Il faut dire qu’elle a grandi dans un univers propice à l’imagination : ses parents, Cathy et Yves-Marie Martin, sont les fondateurs du légendaire collectif des Douglas’s. « Mes parents m’ont transmis le goût de l’écriture et le sens du rythme dans le phrasé », confie-t-elle. 

Forte de cet héritage – ou plutôt de cette malle aux trésors –, elle multiplie les expériences pour devenir, selon ses propres mots, « une artiste complète ». Cirque avec Cirque en Scène, où elle rencontre le metteur en scène et auteur Titus, improvisation avec Aline et Cie, théâtre avec La Chaloupe : chaque discipline nourrit son parcours et affine son regard. 

En 2011, elle fonde La D’âme de Compagnie quipropose quatre spectacles récurrents ainsi que des interventions de prévention et des créations sur mesure. Sa marque de fabrique ? Un théâtre accessible, pédagogique et engagé, qui aborde sans détour des sujets tels que les violences faites aux femmes, le cyberharcèlement, le consentement ou encore la sexualité. Des thèmes qui interpellent aussi bien les adolescents que les adultes. 

Avignon, une étape majeure 

La gratitude peut-elle transformer notre regard sur le monde ? C’est la question au cœur de Simple comme merci, sa nouvelle création présentée au Théâtre de l’Entrepôt lors du Festival d’Avignon. 

Après avoir exploré des sujets souvent graves, comme l’égalité femmes-hommes ou la parole des victimes, Chloé Martin avait envie d’emprunter un autre chemin. « J’avais envie de nourrir la joie et de célébrer ce qui fonctionne. Ma pièce est une traversée ressourçante », explique-t-elle. 

Pour donner vie à cette ode à la gratitude, elle s’est entourée du percussionniste Mélaine Lemaître. Sa présence apporte « de la subtilité et des pulsations au récit, comme un cœur qui bat », souligne l’autrice. 

Depuis le succès public et critique de La Part égale, Chloé Martin a tracé sa route avec constance. Si le trac n’a jamais totalement disparu, chaque représentation reste avant tout une rencontre : un moment de partage où le théâtre devient un espace d’échange et d’humanité. 

La nature comme point d’ancrage 

Lorsque les projecteurs s’éteignent, deux autres passions occupent une place importante dans sa vie : le yoga, qu’elle pratique régulièrement, et la nature, source d’équilibre, d’inspiration et de ressourcement. 

Une philosophie simple qui résonne avec le message de sa dernière création : prendre le temps d’apprécier ce qui nous entoure. Et, pourquoi pas, dire merci un peu plus souvent.