Commandant Jean-Michel Couderc : Chef du Centre d’incendie et de secours
Fortes chaleurs, sécheresse, multiplication des incendies de végétation… L’été 2026 a mis les sapeurs-pompiers à rude épreuve. Les équipes du SDIS 79 ont notamment été engagées en renfort en Gironde. Rencontre avec le commandant Jean-Michel Couderc.
Face aux incendies, les pompiers de Niort en première ligne
Originaire de Sarlat, en Dordogne, Jean-Michel Couderc devient jeune sapeur-pompier volontaire en 1986. Après un passage dans le Lot, en Dordogne et dans l’Indre, il arrive en 2013 en terres deux-sévriennes. Il devient commandant en 2024 et prend la tête de la compagnie de Niort, qui regroupe notamment le Centre d’Incendies et de Secours de Niort et dix centres d’incendie et de secours. La consécration de 40 années de carrière !
Impossible de passer à côté : l’été 2026 aura été marqué par des incendies de grande ampleur. Fin juillet, près de 119 000 hectares avaient déjà brûlé en France depuis le début de l’année, dans un contexte de sécheresse intense et de fortes chaleurs.
Les sapeurs-pompiers des Deux-Sèvres ont eux aussi été fortement mobilisés, notamment pour venir en renfort de leurs collègues en Gironde. Le SDIS 79 a ainsi engagé plusieurs relèves et groupes spécialisés au cours de l’été.
« En Deux-Sèvres, 180 pompiers ont été mobilisés sur les feux en Gironde et dans les Landes et dans le Sud-Est. Ce sont des déplacements de quatre à cinq jours, dans des conditions de lutte très difficiles. Ces périodes sont marquantes pour les pompiers, psychologiquement comme physiquement. »
Une mobilisation d’autant plus éprouvante que l’été a été endeuillé par la mort de plusieurs sapeurs-pompiers. 2 pompiers girondins ont notamment perdu la vie alors qu’ils combattaient un incendie à Mérignac.
« Cela nous touche beaucoup. J’ai l’habitude de dire à mes gars que dix hectares brûlés de plus, ce n’est pas grave : l’important, ce sont les vies humaines. En tant que commandant, j’ai la responsabilité d’assurer la sécurité de mes hommes. »
Les Deux-Sèvres face à un nouveau risque
Dans les Deux-Sèvres aussi, les soldats du feu doivent désormais composer avec des épisodes de plus en plus propices aux incendies. Plus de 500 sapeurs-pompiers sont aujourd’hui formés à la lutte contre les feux de forêt. « Cela devient une nécessité puisque l’on a constaté plus de 400 départs de feu cet été. Un record ! »
Et la période à risque s’allonge et le phénomène évolue : les premiers foyers peuvent apparaître dès le mois de juin et la vigilance se prolonger jusqu’en septembre. Sécheresse, fortes chaleurs et changement climatique créent des conditions particulièrement favorables à la propagation des incendies.
Les Deux-Sèvres sont donc davantage exposées, mais elles disposent aussi de nouveaux moyens pour faire face. Parmi eux, le pélicandrome installé sur l’aérodrome de Niort constitue un atout stratégique pour les équipes engagées au sol. Il a été activé 24 fois durant la saison.
Prévenir, protéger, intervenir : face à des incendies qui ne connaissent plus vraiment de saison, les sapeurs-pompiers des Deux-Sèvres sont plus que jamais en première ligne.

