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Budget 2018

Débat d'orientation budgétaire

Interview du Maire, Jérôme Baloge

Le budget global 2018 s’équilibre à 109 700 millions d’euros, quelles en seront les orientations majeures et les décisions fortes ?

Jérôme Baloge. Une des confirmations du budget 2018 est la non-augmentation des taux de fiscalité. C’est une situation plutôt exceptionnelle dans notre environnement local. Je ne peux que regretter que certaines collectivités aient choisi d’augmenter leurs taux, quand nous faisons de gros efforts. Ce n’est ni le cas de notre ville ni de notre agglomération et c’est très appréciable. On fait partie des rares collectivités à assurer cette stabilité pour ses habitants. Les autres axes sont également fidèles à nos engagements et constants par rapport aux années précédentes. C’est d’abord le rétablissement des finances publiques de la ville qui, ces dernières années, ont eu à répondre à deux grandes difficultés : l’endettement très important hérité qu’on épure progressivement et la baisse des dotations de l’État de 10 millions d’euros depuis 2014. C’est une somme que l’on ne retrouvera pas et qui n’ira pas au bénéfice du territoire et de ses habitants. Dans ce contexte très particulier, on tient le cap, à savoir la non-augmentation des taux de fiscalité, la maîtrise des dépenses, la capacité à soutenir le remboursement de la dette et le maintien des investissements. Ces axes, on les a définis en 2014 et ils sont réaffirmés chaque année. C’est donc le cas pour ce budget primitif 2018.

Un stop est mis sur la baisse des dotations de l’État par la signature à venir avec lui d’un pacte financier qui engage la collectivité à maîtriser ses dépenses de fonctionnement. Cette maîtrise est déjà engagée puisqu’on note une baisse de 0,3 % des dépenses de fonctionnement et une hausse de 0,7 % des recettes, de budget primitif à budget primitif. Faudra-t-il aller encore plus loin pour satisfaire les termes du pacte ? Quels leviers actionner ?

Jérôme Baloge. Il est très appréciable que les dotations ne baissent plus. Ce qui est perdu est perdu, mais au moins, on ne va pas perdre davantage. Cela doit nous permettre de retrouver une dynamique légèrement haussière pour les recettes, supérieure aux dépenses qui, elles, sont en baisse. On va ainsi au-delà de la maîtrise des dépenses. Cette baisse touche principalement les dépenses courantes. Elle démontre que la collectivité est particulièrement économe. Sur ces deux critères on peut donc répondre aujourd’hui aux termes du pacte financier. Nous devrons être vigilants sur notre capacité de désendettement car l’héritage est lourd et les investissements nécessaires.

L’autofinancement net passe de 300 000 € (2017) à 1 million d’euros (2018), soit un bond de + 233 %. Même s’il demeure modeste, y voyez-vous un bon signal pour l’investissement futur ?

Jérôme Baloge. Ça va dans le bon sens, même si j’estime que c’est insuffisant. Cela dit, c’est un bon signal pour l’investissement et la traduction de l’effort mené par la collectivité. Reste que notre capacité d’autofinancement augmente aussi parce que les dotations de l’État sont enfin stabilisées.

Vous poursuivez les investissements sur le patrimoine public et qualifiez le budget 2018 de volontariste. Quels seront les grands travaux de 2018 ?

Jérôme Baloge. Notre capacité d’investissement est contrainte, mais notre volonté est réelle et elle se traduit en particulier sur le patrimoine public. Notamment avec le projet de Port Boinot qui bénéficie de recettes d’investissement importantes. La flèche de Notre-Dame devrait entrer cette année dans une période d’études et de travaux de six ans. Les écoles vont faire l’objet d’importants travaux. L’accessibilité est elle aussi un enjeu et un investissement importants pour notre ville et pas seulement pour les personnes handicapées. Tout comme l’éclairage public qui, demain, permettra de faire des économies en fonctionnement. Mais ceci demande de renouveler le parc qui est vieillissant. Il y a eu des pannes sur certains secteurs dues à sa vétusté. Le nouveau mobilier sera beaucoup plus homogène et plus esthétique.

Vous donnez une forte priorité aux dépenses d’investissement en faveur de la jeunesse et de l’éducation (1,492 million d’euros soit + 47,5 % par rapport à 2017). Quelles en seront les traductions ?

Jérôme Baloge. Les bâtiments scolaires font partie de nos priorités, notamment l’école Jacques-Prévert qui va mobiliser pas loin de 1,4 million d’euros sur deux ans. Mais il y a aussi Goise avec les premiers travaux d’aération suivis de travaux d’isolation renforcée. Nous portons une attention particulière à la jeunesse avec un accueil de loisirs estival plus important pour la tranche d’âge des adolescents en élargissant l’offre de séjours sportifs et culturels. La jeunesse, ce sont aussi les activités sportives et culturelles, et sur ce plan l’Agglo va prendre une part de plus en plus importante dans les années qui viennent avec le complexe sportif de la Venise verte, la piscine de Pré-Leroy, la réhabilitation du conservatoire et la transformation de la médiathèque.

Cette année encore, vous maintenez le volume de subventions au CCAS et aux associations sportives et culturelles ?

Jérôme Baloge. Depuis 2014 et malgré les contraintes financières, nous maintenons le volume de subventions au Centre communal d’action sociale. Les besoins sociaux ont été importants ces dernières années. Mais le CCAS ce n’est pas seulement le soutien à la précarité. C’est aussi la petite enfance, les services aux personnes âgées qui ont été étendus. Il va y avoir la création d’une nouvelle crèche place du Port en remplacement de la crèche du Mûrier difficilement accessible. C’est un investissement important, mais nécessaire, porté en partie par le CCAS. Nous aurons la création d’un bâtiment ouvert et accessible qui accueillera aussi le centre socioculturel centre-ville. C’est aussi un choix fort et important de maintenir depuis deux ans les subventions aux associations culturelles et sportives parce que leurs activités concernent beaucoup de Niortais.

Depuis 2014, le recours à l’emprunt a été limité. Allez-vous poursuivre en ce sens ?

Jérôme Baloge. Ces dernières années, la Ville a réduit son endettement de 15 millions d’euros. Ce qui fait que notre endettement est passé de 90 millions d’euros à 75 millions d’euros. C’est une baisse importante qui nous permet de réinvestir, ce qui va être une nécessité pour la ville dans les années à venir et qui imposera de recourir de façon mesurée et limitée à l’emprunt. L’enjeu reste d’être en capacité de rembourser la dette, ce à quoi nous mettons un point d’honneur.

Même si l’on ne connaît pas encore les dispositifs de compensation par l’État, comment appréhendez-vous la baisse d’un tiers des recettes de la taxe d’habitation en 2018, avant sa disparition en 2020 ?

Jérôme Baloge. On va voir les choses du bon côté parce que c’est une bonne nouvelle pour les personnes concernées et on aurait tort de ne pas l’apprécier. Et, à ce jour, il n’y a pas de raison de ne pas croire en la compensation de cette perte de recette pour la collectivité promise par l’État. La disparition totale de cette taxe marquerait, à mon sens, la fin possible et souhaitable d’une discrimination territoriale.

Il y a des changements au niveau du stationnement, cette année. Prévoyez-vous une augmentation des recettes ?

Jérôme Baloge. Ce n’est pas l’objectif ! Le périmètre et la tarification horaire sont inchangés et l’heure gratuite à la Brèche est maintenue. Le parking de la Roulière offre toujours des tarifs très attractifs à 1 € par jour. Par contre, les nouveaux horodateurs permettent de payer par carte bancaire.

Nous avons juste passé la barre du mi-mandat, quel bilan dressez-vous de votre action en faveur du redressement des finances de la Ville annoncé dès 2014 et entamé dès le budget 2015 ? Objectifs atteints ?

Jérôme Baloge. Les budgets qui se suivent, les orientations définies et les comptes administratifs qui amplifient et renforcent ces orientations, prouvent que les engagements et le cap sont tenus malgré une mer plutôt agitée pour les collectivités locales. L’exercice n’est ni facile, ni toujours visible, mais il s’apprécie chaque année quand on vote le budget ou quand les citoyens lisent leur feuille d’impôts. Cet exercice prend beaucoup de temps, d’énergie, de volonté, mais il est efficace. J’aime la politique qui se concrétise de cette façon-là.