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Marquise de MAINTENON

Née Françoise d'Aubigné

Ses origines

C'est le 24 novembre 1635 que naquit Françoise d'Aubigné dans la conciergerie de la prison de Niort. Son père, Constant d'Aubigné seigneur d'Aubigny et de Surimeau était le fils du célèbre poète calviniste Agrippa d'Aubigné. Emprisonné pour s'être essayé à la fabrication de fausses monnaies, sa femme Jeanne de Cardilhac, restée à ses côtés, mettait au monde la petite fille qui devait un jour devenir l'épouse morganatique du Roi Soleil.

Le début de sa vie

A sa sortie de prison, sûr d'obtenir un poste de gouverneur de Marie Galante, Constant embarque avec sa famille pour la Martinique. Hélas, le poste est déjà pourvu et après quelques mois il abandonne sa femme et ses enfants pour rejoindre La Rochelle d'où il ne devait jamais revenir.
La vie devint difficile pour Françoise et sa famille et après deux années, elles durent repartir pour La Rochelle. Leur situation était tellement précaire qu'elles devaient mendier. Lorsque Françoise eu douze ans, elle fut recueillie avec ses deux frères par une de ses tantes protestante. Elle y mena une vie sereine pendant quelques années avant d'être enlevée de son nouveau foyer par la mère de sa marraine, Madame de Neuillant. Cette dernière avait obtenu une lettre de cachet de la reine mère Anne d'Autriche lui permettant d'enlever la jeune fille à cette famille de Huguenots.
Dès son arrivée, Françoise fit office de servante. Chaussée de sabots, elle allait garder les dindons vêtue d'un loup et d'un chapeau de paille pour protéger son teint car la mode était aux carnations de nacre. Malgré ses convictions calvinistes, Madame de Neuillant décida de confier l'éducation religieuse au prêtre de la paroisse. En vain et c'est en désespoir de cause que sa tutrice décida de la placer au couvent des Ursulines à Niort. Françoise en sortit à seize ans mais n'étant toujours pas convertie, se vit conduite à nouveau dans un couvent de Paris.
Après sa conversion, Madame de Neuillant décida de la marier. Le choix se porta sur un certain Paul Scarron. Cet homme né en 1610 d'un parlementaire Parisien et d'une fille de magistrat, était un poète pittoresque et de grande renommée. Hélas, c'était ses seules qualités car il était non seulement trop vieux pour la jeune fille (25 ans d'écart) mais il était atteint de spondylarthrite, une terrible forme de rhumatisme déformant qui attaque les vertèbres. Malgré son handicap, Scarron était très apprécié et « tenait salon » chez lui. On y retrouvait d'illustres personnes : hommes de lettre (Benserade ou Marigny), seigneurs (Mortemart, Villarceaux) et grandes dames (la marquise de Sévigné). Menant grand train, ses revenus s'en faisaient ressentir. On allait donc marier Françoise d'Aubigné à un homme de quarante deux ans infirme et sans le sous, ayant pour seul charme son talent et son humour. Françoise n'étant pourvu d'aucune dote, Scarron fou d'elle, proposa de la lui payer. Elle n'eut donc pas le choix : retourner au couvent ou épouser un paralytique. Le mariage fût prévu pour le 4 avril 1652. Ce fut, ce que plus tard, elle appela "un mariage gris". Très vite, elle pris de l'influence sur Scarron. Le salon ne désemplissait pas et de nombreux hommes étaient attirés par les beaux yeux de la maîtresse de maison, notamment les Maréchaux d'Aumont et d'Albret. Mais la jeune épouse devait avant tout faire face aux difficultés financières de son ménage. L'état de Scarron empira vers 1660. Il rendit son dernier soupir la même année. Laissant une jeune veuve de 25 ans, endettée et ne pouvant régler toute les créances, Madame Scarron se retira au couvent des Hospitalières. Elle ne souhaitait pas se cloîtrer mais seulement prendre du recul. Néanmoins, elle conserva ses amis et admirateurs. C'est ainsi qu'elle obtint une pension de la reine mère Anne d'Autriche. Ce qui lui permit de quitter le couvent et de s'installer dans un logement situé dans le Marais à Paris. C'est lors d'une soirée chez les d'Albret qu'elle rencontra pour la première fois Madame de Montespan à laquelle elle décida de lier son destin.

Sa liaison avec le roi

En 1667, la belle Montespan était alors la maîtresse de Louis XIV dont elle était enceinte. Lorsqu'elle s'apprêta à accoucher, il fallu trouver une personne de confiance pour s'occuper des futurs enfants en toute discrétion. Car, la séparation des époux n'ayant pas encore eu lieu, le marquis de Montespan aurait pu légitimer les bâtards royaux. Françoise Scarron fût choisie étant restée dans l'ombre de la marquise qui avait réussit à l'introduire à Versailles. Début 1669, Françoise, masquée et en pleine nuit, prit livraison du premier nouveau né. Pour éviter tout soupçon, elle élevait le premier enfant dans Paris et le second dans une petite demeure hors de la ville. Tout devant rester secret, elle ne changeait rien à ses anciennes habitudes, fréquentait les mêmes personnes et les mêmes salons. Voyant que les grossesses s'enchaînaient, le roi fit installer la gouvernante et les bâtards à Vaugirard. C'est en 1673, lors de la légitimation des enfants que Françoise quitta cette résidence pour les splendeurs du palais de Versailles. Madame Montespan avait réussi à évincer Louise de la Vallière pour avoir le monopole sur le roi mais la marquise avait une fâcheuse tendance à être égoïste et colérique ! Ce qui avait le don de créer des conflits entre la gouvernante et la mère des enfants du roi. Progressivement, le roi s'éloignait de sa maîtresse et commençait à porter de l'intérêt à cette femme si douce avec ses enfants. Son esprit le ravissait, ses manières douces et sa compréhension l'émerveillaient car cela ne faisait pas partie des qualités de l'actuelle favorite. En 1675, le roi fit don d'une somme importante à Madame Scarron afin qu'elle puisse s'acheter une terre dont elle prendrait le nom. Son choix s'arrêta sur le domaine de Maintenon. Le roi la déclara donc Madame de Maintenon. L'amitié que portait le roi à Françoise se doubla bientôt d'un sentiment d'amour. A la même époque, une autre rivale faisait son apparition à Versailles : la jeune Angélique de Fontanges. Mais leur liaison fut de courte durée car la jeune femme mourut l'année de ses vingt ans. La reine Marie Thérèse décéda peu de temps après. Trois mois plus tard, le roi décida de faire de Madame de Maintenon son épouse morganatique et une cérémonie secrète fût célébrée en octobre 1683. Pendant plus de trente ans, Madame de Maintenon exerça une grande influence sur son époux notamment dans le domaine religieux. Prenant part aux affaires politiques et militaires elle instaura un climat austère dans Versailles au grand dam des courtisans. En 1686, elle élabora un projet qui lui tenait à cœur : créer une institution pour l'éducation des jeunes filles de la noblesse pauvre. Saint Cyr ouvrit ses portes en juillet 1686 . Elle avait pour but de former les jeunes filles au mariage et à leurs prochaines vies dans le monde. A partir de ce moment, Madame de Maintenon se consacra entièrement à son œuvre ainsi qu'au salut de son âme et de celles de ses proches, notamment le roi.

La fin de sa vie

Le 30 août 1715, à la veille de la mort de Louis XIV, elle se retira dans son institution . C'est en 1718 qu'elle sentit sa fin proche. Atteinte de fièvre, elle rendit son dernier soupir au mois d'avril 1719 à l'âge de 83 ans. Sa dépouille fût embaumée et inhumée dans l'église de Saint Cyr. A la Révolution, des Sans-Culottes exhumèrent son corps encore parfaitement conservé, et le traînèrent sur plusieurs mètres. Sa dépouille, recueillie par des mains pieuses, sera dissimulée à Saint-Cyr. En 1945, lors de la démolition des bâtiments, une caisse portant l'inscription "os de Madame de Maintenon" fut découverte et ses restes inhumés au château de Versailles. L'épouse morganatique du Roi Soleil fût la seule de la famille royale qui eut le privilège de retrouver la splendeur de ce palais, car lors de la Révolution, les dépouilles royales des trois dynasties confondues avaient été jetées dans la chaux vive pour y disparaître à jamais.