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Guy Denize : nouveau pape du PAF

Le comédien niortais Guy Denize a interprété l’un des rôles principaux dans la série "Ainsi soient-ils",...

Le comédien niortais Guy Denize a interprété l’un des rôles principaux dans la série Ainsi soient-ils, diffusée sur Arte cet automne. Le tournage de la saison 2 débutera au printemps.

  • Comment vous êtes-vous retrouvé dans cette aventure télévisuelle ?

Totalement par hasard. Mon ami Jean-Pierre Bodin (du théâtre de La Mouline) - avec qui j’ai travaillé sur les Lettres de fusillés - a passé le casting à Angoulême. La production lui a dit qu’elle cherchait d’urgence un comédien âgé. Il a tout de suite pensé à moi. J’ai pris connaissance du sujet le matin même de l’audition, avec deux feuilles de texte. Je savais juste que je devais incarner le doyen d’un monastère.

  • Vous avez beaucoup travaillé au théâtre. Etait-ce votre première expérience devant la caméra ?

Oui et c’est très différent. D’abord, vous ne tournez pas dans l’ordre chronologique de l’histoire. Ainsi vous n’avez qu’une idée partielle du résultat final.
Ensuite, au théâtre, vous plongez en apnée pendant 1h30 et reprenez votre respiration à la fin du spectacle. Alors qu’au cinéma, vous disposez d’un nombre incroyable de prises, jusqu’à 20 pour un seul plan. C’est très artisanal par certains côtés. Le cinéma est à la fois plus tendu - car les moments d’action sont très brefs – et moins tendu car rien n’est rédhibitoire.

  • Et le public est invisible…

Sur scène on sent effectivement la respiration de la salle, on cherche à être en synchro avec elle. Voilà pourquoi aucune représentation n’est identique à un autre. Au cinéma on travaille pour des machines. Quoi que… sur le tournage d’Ainsi soient-ils, j’avais parfois l’impression d’être face à un public de théâtre. Il pouvait y avoir jusqu’à trente techniciens sur le plateau, et les échanges avec l’équipe étaient très chaleureux ce qui m’a aidé à surmonter mon trac.

  • Où s’est déroulé le tournage ?

Sur trois lieux : Saint-Maixent, La Rochelle et Paris. Sur les trois mois, j’ai été concerné 17 journées.

  • Allez-vous renouveler l’expérience ?

Oui. Pour la saison 2, dont le tournage va débuter au printemps. J’ai simplement dit à au producteur qu’il n’était pas très prudent de me reprendre (avec le sourire, Guy fait référence à son âge : bientôt 85 ans NDLR). Mais il n’y a pas trop de cascades dans Ainsi soient-ils.

  • Le théâtre vous prend moins de temps aujourd’hui ?

Cette proposition est très bien tombée. En novembre 2010, j’avais arrêté le théâtre en mettant un terme aux représentations d’Effroyables jardins, avec Francis Le Barbier des Matapeste. Une pièce que nous avons jouée 230 fois à travers la France et à l’étranger.

  • Etiez-vous professionnel du théâtre ?

En fait, je suis devenu pro lorsque j’ai atteint l’âge de la retraite. Avant j’étais professeur de maths, au collège Fontanes notamment. Mais j’ai fait du théâtre en amateur toute ma vie. J’ai débuté après la Libération, en encadrant des stages d’art dramatique pour la Direction de la Jeunesse et des Sports  J’ai connu le premier festival d’Avignon, quand il n’ y avait que quatre spectacles (mille aujourd’hui). J’y ai donné une courte réplique à Gérard Philipe dans le Prince de Hombourg.

  • En soixante ans, le public a-t-il évolué ?

Je me souviens de l’appétit extraordinaire du public après la guerre. Les gens étaient vierges de toute expérience théâtrale. Ils étaient attentifs, au premier degré. Nous, on se débrouillait, on teignait nos costumes en toiles de jute, on se peignait les pieds…

  • Vous êtes un personnage connu des Niortais…

Après une quinzaine d’années passées au Havre comme enseignant et acteur, je suis revenu à Niort en 1972. J’ai animé le théâtre du Pilori avec Michel Geslin notamment. Nous avons obtenu la création de la petite salle du Patronage laïque. L’aventure s’est terminée en 1997, avec La Pétition de Vaclav Havel.

  • C’est au Patro que vous avez rencontré Les Matapeste ?

Oui, je les ai connus à leurs tout débuts, avant qu’ils deviennent professionnels. Je leur ai présenté ce texte, assez littéraire, à propos d’un père qui faisait honte à son fils parce qu’il faisait toujours le clown. C’est l’histoire d’Effroyables jardins. Ils ont aimé le texte et m’ont proposé de l’interpréter moi-même, en compagnie de Francis Le Barbier. J’ai accepté pensant que ça ne durerait pas longtemps. L’aventure s’est prolongée 8 ans !

  • Vous avez également fait beaucoup de lectures publiques à la médiathèque…

Oui, à la demande de Jean-Pierre Boudaud, le directeur. C’est un exercice très particulier. Il faut laisser à l’auditeur son libre arbitre, comme s’il lisait lui même le livre. Il ne faut pas l’enfermer par son interprétation.

Propos recueillis par Karl Duquesnoy
(Le 5 décembre 2012)

Repères
Pour Ainsi soient-ils, Arte a renouvelé sa confiance au réalisateur Rodolphe Tissot, auteur notamment de La Tueuse, sorti en 2010.

Les 8 épisodes de la série Ainsi soient-ils ont été diffusés entre le 11 octobre et le 1er novembre 2012. Ils ont rassemblé entre 1 et 1,5 million de téléspectateurs à chaque fois.

  • Découvrez également le site consacré à Guy Denize, conçu par son fils Antoine.