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Pascal Pereira-Leal, médaillé paralympique

Rencontre avec le pongiste qui a décroché le bronze aux Jeux de Londres en septembre. Et coup de chapeau...

Rencontre avec le pongiste qui a décroché le bronze aux Jeux de Londres en septembre. Et coup de chapeau au club niortais Art et Sport qui a repéré le futur champion et l’accompagne depuis quelques années.

Jour d’entraînement au centre régional de tennis de table. Pascal Pereira-Leal arbore la tenue bleue de l’Equipe de France : l’image est maîtrisée. Il se plie en pro au jeu de l’interview et des photos. Depuis sa médaille de bronze obtenue aux Jeux Paralympiques de Londres début septembre, il est devenu un exemple. Mais il reste cool, il assure : "T’as vu ? J’ai réussi à placer un ?tout à fait Patrick? ", s’amuse-t-il en faisant référence à un entretien avec Patrick Montel de la télé. Le 16 septembre il était reçu en grande pompe à l’Elysée.

Ce mois-ci, il pourrait donner le coup d’envoi d’un match de foot au stade Vélodrome à Marseille, alors que son cœur bat pour le PSG. Mais il connaît les priorités et profite de chaque tribune pour faire parler de LA cause : le sport adapté.

Pascal Pereira-Leal a débuté sa carrière internationale voici trois ans à peine. S’il s’agissait d’un scénario hollywoodien, on dirait de l’histoire qu’elle est un peu trop belle pour être crédible. Le parcours du champion est classique dans sa première partie. Il découvre le ping-pong par hasard à l’âge de 9 ans, s’avère doué, est repéré par un gros club, Beauchamp, gravit les échelons jusqu’à un titre de champion de France par équipe. C’est un espoir du ping français valide.

Mais déjà, insidieuse, la maladie fait son chemin et va méchamment brouiller la piste. "Au début nous mettions ça sur le compte de l’âge, du mal être de l’adolescence", se souvient Anny, la maman. De lourdes portes intérieures se referment sur ce garçon taiseux. Les médecins mettent du temps à diagnostiquer une psychose aiguë, des bouffées délirantes. "J’entendais des voix", témoigne Pascal. Difficile d’imaginer l’enfer. A l’âge de 17 ans il doit être hospitalisé.
Cinq années de trou blanc, pendant lesquelles, comme un lien avec la réalité, le tennis de table restera présent. "Dès qu’il pouvait sortir, il demandait à son père de l’emmener dans une salle pour jouer."

Fatigués, aspirant à ouvrir une nouvelle page de la vie de leur fils, Anny et Agostinho Pereira-Leal quittent la région parisienne et s’installent en Charente-Maritime. Le suivi psychiatrique de Pascal est confié à l’hôpital local. Le jeune homme va mieux. Il peut renouer avec son sport favori, en club, à Royan. Il pratique en valide, le handisport n’est pas encore entré dans sa vie.

C’est d’ici, au cours d’un tournoi régional, qu’il est repéré par les limiers niortais du club Art et Sport : Jean Pillet, le président et Jean Mallard l’entraîneur de la section tennis de table. Et ce "bien avant de connaître la maladie de Pascal", souligne Anny. Ils pensent à lui pour leur équipe de National 3. " Ici il s’est senti en confiance". Sentiment ô combien important pour ce jeune homme hypersensible. L’histoire d’amitié et de respect va déboucher sur une aventure immense. Ils persuadent Pascal de tenter en parallèle l’aventure du sport adapté. Le club sait de quoi il parle. Voici quelques années, il a accompagné Jean-Philippe Robin vers les sommets de l’Olympe en tennis de table fauteuil.

Ainsi Pascal a retrouvé le fil de son histoire. Il habite avec Sophie sa compagne, fait le trajet chaque semaine en voiture pour venir s’entraîner à Niort et lorgne déjà sur les JO de 2016 à Rio.

(Le 23 octobre 2012)