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Sa naissance à Niort
Niort, le 20 novembre 1907 : Georges et Suzanne Clouzot donnent naissance à l'aîné de leurs trois fils. On le prénomme Henri, Georges, Léon. Le père s'occupe de la librairie familiale et réalise des photographies. Il a quinze ans lorsqu'il part à Brest en famille. Son père l'envoie à Paris assister seul, à une série de représentations théâtrales. Il en revient passionné. Il s'inscrit pourtant à l'école navale, mais une myopie le fait abandonner.
En 1925, il repart à Paris étudier le droit et les sciences politiques. En 1928, il s'installe à l'hôtel Proust avec une jeune femme prénommée Mireille. Pour gagner sa vie, il devient le secrétaire du député Louis Marin, mais il est vite congédié par ses réflexions acides. Il apprend avec R.Dorin les premières ficelles de la dramaturgie puis il met sa plume au service du chansonnier Mauricet.
Puis il travaille pour le producteur Adolphe Osso, en collaborant en 1931 au scénario d'Un soir de rafle de C.Gallone. Il réalise un court-métrage, La Terreur des Batignolles, qui ne passera pas à la postérité. Mais Clouzot est encore patient. Osso l'a prêté à son confrère Rabinovitch, dans les studios de Babelsberg en Allemagne. Il y supervise des films d'opérette, genre en grande vogue au début du parlant. C'est entre Berlin, Munich, Prague, Budapest et Vienne, que Clouzot va apprendre les métiers et les rouages du cinéma et se persuader qu'il peut être un art. L' œuvre de Murnau l'impressionne. Il croise aussi Fritz Lang qui va bientôt fuir devant la menace de pactiser avec les nazis.
Mis à la porte parce qu'ami avec un producteur juif, il regagne Paris en 1934. Il rencontre Louis Jouvet qui l'encourage à persévérer. Il écrit les chansons du film Itto en 1935. Mais la maladie le terrasse. Les médecins sont formels : le sanatorium est sa seule chance de survie. Il va rester enfermé et allongé durant près de quatre ans dans les sanas de Leysin et de Praz-Coutant. Il en profite pour se replonger dans la lecture. C'est là que j'ai véritablement appris à lire, à écrire, que j'ai vu fonctionner les ressorts des autres et les miens, en vivant en sursis.
1938 : Il participe à l'adaptation du Révolté et rencontre une jeune débutante, Suzy Delair. 1939 : Il adapte Le Monde tremblera et rencontre Pierre Fresnay, alors réalisateur. "C'est lui qui, dans ma vie, m'a le plus aidé". Il apprend avec lui la rigueur d'un découpage sur l'adaptation du Duel.
1941 : le cinéma français est alors sous le contrôle presque total de l'occupant. Clouzot entre à la Continental et signe le scénario du film Le Dernier des Six. C'est un succès. Les Inconnus dans la maison est le second scénario marquant de Clouzot. En travaillant sur ce film, Clouzot a une révélation. La maîtrise des mots ne lui suffit plus. "C'est ce film qui m'a décidé à faire de la mise en scène".
Le 4 mai 1942, Clouzot pénètre pour la première fois sur un plateau en tant que metteur en scène. On y tourne l'Assassin habite au 21... Le succès est énorme. Clouzot enchaîne alors quelques uns de ses meilleurs films : Le Corbeau, Quai des orfèvres, avec sa célèbre chanson Tralala... La libération l'inspire pour Manon en 1948. Sa seule et unique comédie, Miquette et sa mère, sera boudée par le public.
Fin octobre 76, il tombe malade d'un oedème aigu au poumon. Il s'en sort. Il reprend espoir de faire un film sur le pianiste Mauricio Polini. Mais il meurt subitement le 12 janvier 1977 en écoutant La Damnation de Faust de Berlioz, qu'il étudiait depuis plusieurs jours.