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Quatre hôtels de ville ont précédé celui que nous connaissons actuellement.
La première maison commune se situait entre l'actuelle rue Jean-Jacques Rousseau, la rue des Cordeliers et la rue du Rempart. Il n'en subsiste aucune trace mais nous savons que le corps de ville s'y réunit jusqu'en 1370.
La seconde, commencée vers 1380, s'élevait à l'emplacement de notre actuel Pilori. Le Duc de Berry, frère du Roi, Comte du Poitou, favorisa beaucoup notre ville et offrit à la maison commune une importante horloge. Cette construction devint rapidement insuffisante. Dès 1530-1535, le nouvel hôtel de ville, dû au maître-maçon Mathurin Berthomé, fut reconstruit dans le style renaissance alors en vigueur. C'est le monument que nous connaissons encore sous l'actuel nom de Pilori. Une partie du beffroi du XIVème siècle fut reconstruite. Elle porte encore les armes de notre ville, les plus anciennes connues à ce jour. Ce bâtiment fut abondamment restauré entre 1882 et 1887 et transformé en musée. L'hôtel de ville fonctionna jusqu'en 1789. Après cette date, il fut transféré dans l'enceinte du château à l'emplacement des halles actuelles où se tenaient les anciens appartements du gouverneur. Les bâtiments, fort incommodes et vétustes, jouxtaient les abattoirs ! La construction des halles fit disparaître ce bâtiment. L'hôtel de ville alla donc s'implanter, en 1866, dans une maison située rue Thiers.
La construction d'un édifice, digne du chef-lieu des Deux-Sèvres, fut envisagée par le maire, Martin Bastard, en 1892. Le site (axe de la rue Thiers) fut choisi par le Conseil Municipal, après avis de la population et la construction en fut confiée à l'architecte Georges Lasseron. Cinq ans plus tard, le 27 avril 1897, le Président de la république Félix Faure vint poser la première pierre, le maire étant Jean Laydet. Cette journée resta gravée dans la mémoire des niortais en raison des trombes d'eau qui s'abattirent sur la ville, mais aussi des importantes fêtes qui marquèrent l'événement. Au mois de juin suivant eu lieu l'adjudication des travaux qui furent terminés en 1901 et inaugurés par le ministre de la justice de l'époque, qui ne connut pas un temps plus clément qu'en 1897. Du 25 au 28 mai 1901, de très importantes fêtes eurent lieu pour marquer cet événement qui mobilisa tous les niortais. Niort comptait alors 23000 habitants.
L'architecte Georges Lasseron, qui avait déjà construit l'école des filles de Jean Macé, créa un bâtiment de style renaissance. Il faut dire que ce style et cette époque étaient alors très en faveur et que le modèle auquel on se référait était l'hôtel de ville de Paris qui venait lui-même d'être reconstruit après les événements de 1870.
L'ensemble est couronné par un élégant campanile calqué sur les exemples de Chambord et de Paris et qui présente aussi l'avantage de pouvoir servir d'éventuelle tour d'observation.
Tout cela correspond à une sorte de mise en scène en parfait accord avec le protocole de l'époque. Cet effet de fuite de perspective vers l'intérieur de l'édifice et le grand escalier, est accentué par la pente de la rue Thiers. La façade de l'hôtel de ville par sa conception et aussi sa décoration joue le rôle d'un fond de scène qui est celui de la politique de l'époque. On y retrouve à l'intérieur dans le grand escalier, en particulier dans la grande salle des fêtes du premier étage, cette volonté d'entourer les grands événements qui règlent la vie de notre cité d'un certain apparat.
C 'est en 1901 que Charles Fouqueray (1872-1956) dont on sait qu'il eut sa famille en Poitou, peintre habitué du Salon et peintre de la Marine, exécuta la décoration intérieure de l'Hôtel de Ville de Niort.
La salle du Conseil Municipal :
Ornée d'une vaste toile peinte en 1901, collée sur le mur et représentant "Aliénor d'Aquitaine octroyant aux échevins de Niort la charte de franche commune en 1203", reconnaissant par là-même le droit de notre cité à la liberté et à l'indépendance en ayant ses propres magistrats. Les personnages représentés dans la scène, en particulier les échevins, sont des portraits véritables des responsables municipaux niortais des années 1900, dont le maire était Monsieur Martin Bastard.
Le mobilier de la salle du Conseil Municipal, en particulier les sièges, sont également remarquables et ont été exécutés en noyer. C'est aussi le cas pour une partie des sièges de la salle des mariages complétée par un mobilier de qualité en chêne.
La salle des mariages :
"Les Trois Ages de la Vie" :
Insérées dans des lambris, les toiles, marouflées sont logiquement réparties en trois points, la plus vaste disposée en triptyque se situe juste au dessus de l'endroit où officie le représentant municipal, c'est à dire face aux mariés. Il semble d'ailleurs s'agir d'une demande en mariage, scène galante dont est témoin une femme apparemment délaissée.
Sur le mur opposé sont figurés les deux autres âges de la vie, la petite enfance d'une part et la vieillesse de l'autre. Comme dans l'oeuvre précédente, chaque tableau s'accompagne d'un panneau, de taille modeste, situé en dessous et illustrant une saison mise en concordance avec l'âge de la vie représenté.
A l'enfance personnifiée par deux jeunes enfants nus, l'un est encore un bébé, assis près de leur jeune mère dans un paysage fleuri, correspond le printemps mis en évidence sur le tableautin du dessous par un premier plan d'arbres fruitiers en fleurs dont le symbolisme est on ne peut plus évocateur. A l'aube de la vie et à l'innocence s'oppose la scène suivante où l'on remarque un vieillard en méditation accompagné d'une femme habillée de sombre, témoin déjà rencontré précédemment, aux abords d'une ville qui allume ses feux à l'instant du crépuscule. En dessous, un paysage enneigé et glacial évoque avec facilité les froideurs de la mort au terme d'une vie dont les douleurs sont évoquées par le chardon du premier plan.
On remarquera que dans cet ensemble l'artiste a utilisé une touche très divisée où l'influence des impressionnistes et aussi celle de Van Gogh semblent évidentes.
C'est ainsi que Fouqueray, à sa façon, a décrit et répondu à l'énigme posée par le Sphinx de la mythologie.
Il faut remarquer la qualité de la cheminée en marbre ainsi que la présence du tronc destiné à la quête pour l'entretien de nos écoles. Il est bon de rappeler à ce sujet que les principales écoles niortaises étaient construites depuis une quinzaine d'années à la suite des lois votées sous Jules Ferry.
Définition héraldique :
D'azur semé de fleurs de lis d'or, à la tour d'argent sommée d'une autre tour du même, brochant sur le tout, crénelée, maçonnée et ajourée de sable, posée sur une rivière aussi d'argent, mouvant de la pointe.
Explication :
D'azur semé de lis d'or : le fond est bleu avec fleurs de lis d'or en souvenir des armoiries royales.
la tour d'argent : la tour couleur argent est un souvenir des fortifications et de l'ancien château de Niort. Dans certains cas, ce donjon est surmonté d'une autre tour de même couleur.
brochant sur le tout : la tour est surimplantée sur le fond bleu.
crénelée, maçonnée, ajourée de sable : tous les éléments de la tour sont soulignés en noir qui est la couleur sable en héraldique.
mouvant de la pointe : la rivière (la Sèvre) est représentée en mouvement (figuration des vagues) et située à l'extrême pointe du blason.