:Il brûle de passion

Le visage d’éternel adolescent du directeur de l’Institut des risques industriels assurantiels et Financiers du Pôle universitaire de Niort a du mal à contenir la passion qui l’anime. Car Thomas Rogaume est un passionné et depuis toujours.

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Le visage d’éternel adolescent du directeur de l’Institut des risques industriels assurantiels et Financiers du Pôle universitaire de Niort a du mal à contenir la passion qui l’anime. Car Thomas Rogaume est un passionné et depuis toujours.

« Petit, je vivais en milieu rural et j’allais en vacances dans une ferme à côté de Ligueil, en Indre-et-Loire. Alors je voulais être agriculteur ». Mais après ses études d’ingénieur, c’est davantage l’exemple de ses parents enseignants qu’il choisit.
 En préparant son concours de professeur en éducation technique, il suit six mois de stage sur l’amélioration de l’incinération des déchets, au laboratoire de combustion et de détonique de Poitiers : « Je me suis régalé ! ». La passion bifurque alors sur sa route principale : l’IRIAF en général et la plate-forme incendie Hestia en particulier.  « C’est une structure qui dépend à la fois de l’Université de Poitiers, de l’Iriaf, de l’Institut Pprime, du CNRS, de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace et de l’école nationale supérieure de mécanique et d’aérotechnique.  Nous en sommes particulièrement fiers. Nous sommes partis de rien et aujourd’hui notre expertise est unique en France ».

D'infimes particules
Hestia (le feu ou le foyer dans la mythologie grecque) analyse des matériaux pour déterminer à quelle vitesse ils s’enflamment, se dégradent, la toxicité des fumées . « 85 % des décès sur ce type de sinistre sont dus à des intoxications ».
Alors à Hestia, on brûle depuis d’infimes particules de housses de sièges, cloison de train ou d’avion, jusqu’à des essais grandeur nature sur des maisons d’habitation : autant d’expériences intéressantes pour les industriels. Car des conclusions naîtront des améliorations significatives. « 80 % de nos financements viennent du privé, depuis les toutes petites PME jusqu’à Areva en passant par la Fondation Maif ».

En phase avec le monde professionnel
Quand le chercheur n’a pas l’œil rivé sur son caisson de combustion, le maître de conférences transmet son savoir. « L’enseignement c’est merveilleux ! Surtout au sein de structures comme l’Iriaf et le Pôle universitaire niortais qui sont très en phase avec le monde socio professionnel. Ça m’oblige à toujours me remettre en cause, rester au fait des nouveautés pour que mes cours demeurent pertinents ».
Si son planning est plein comme un œuf (trois jours à Niort, le restant à Poitiers), Thomas préserve toujours du temps à ses autres passions : son épouse, employée à IMA et ses deux filles aux noms de divas du jazz : Nina 12 ans et Ella 10 ans. Autant de sourires qui lui permettent d’évacuer presque toute la pression.
Le reste se dissout dans des heures de course à pied avec ses copains du Spiridon Club de La Crèche, ville où la famille Rogaume a élu domicile. En bon chercheur, Thomas fonctionne par objectif : « Si je prépare une compétition, je parviens mieux à bloquer une heure pour courir. Et plus je cours, plus je suis efficace au travail ». Si on en juge au chemin parcouru, Thomas Rogaume ne doit pas souvent quitter ses baskets !
                                    
Thomas Rogaume en quelques dates
1974 — Naissance le 19 septembre.
2001 – soutenance de thèse « Caractérisation expérimentale et modélisation de l’émission de polluants lors de l’incinération de déchets ménagers ».
2003 – Il devient Maître de conférences à l’Iriaf et au Laboratoire de combustion et de détonique (devenu en 2010 l’institut Pprime).  
2010 – Hestia, dont l’Iriaf a instigué le développement en 2002, s’intègre au Centre d’expertise PME-PMI du programme opérationnel Feder porté par l’Université de Poitiers.
2014 – Le 12 novembre, l’Iriaf et ses partenaires universitaires ont organisé un important colloque sur les contraintes thermiques subies par les sapeurs-pompiers lors des exercices d’entraînement à la lutte incendie en caisson. Il a permis d’expliquer scientifiquement le ressenti physique des soldats du feu.